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Seilhac (Corrèze) rend hommage au soldat Leymarie, fusillé pour l'exemple le 12 décembre 1914 à Fontenoy (Aisne)
Léonard Leymarie avait 34 ans quand il a été fusillé pour l’exemple sur le front, à Fontenoy (Aisne), le 12 décembre 1914.

A l’initiative de sa commune de naissance, Seilhac, et de l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC), son nom est désormais inscrit sur le monument aux morts communalSeilhac, chef lieu de canton de Corrèze, a perdu 93 hommes au cours de la Grande Guerre ; 93 « morts pour la France », dont Léonard Leymarie, cultivateur avant le conflit, né en 1880 au hameau de Champeil et père de deux enfants, André Louis et Marie Louise.  En 2007, Saint-Ybars dans l’Ariège avait déjà pris l’initiative de faire graver sur le monument aux morts communal le nom de Louis Flourac, enfant du pays fusillé pour l’exemple au cours de la Grande Guerre.

Le 12 décembre 2008, 94 ans jour pour jour après l’exécution de Léonard Leymarie par un peloton de soldats, un hommage officiel lui est rendu devant ce monument aux morts qui a été complété et restauré pour le 11 novembre.

Outre la commune de Saint-Ybars, le Conseil général de l’Aisne a été invité à participer à cette cérémonie. Le 16 avril dernier, jour anniversaire du déclenchement de l’offensive du Chemin des Dames du printemps 1917, le Conseil général de l’Aisne adoptait, à l’unanimité de ses 42 élus, un vœu demandant à la République française de « reconnaître officiellement les condamnés pour l’exemple comme des soldats de la Grande Guerre à part entière afin de permettre que leurs noms puissent être légitimement inscrits sur les monuments aux morts ».

Au cours de la guerre, 56 soldats ont été fusillés dans l’Aisne territoire coupé en deux par la ligne de front. L’affaire la plus emblématique fut celle des fusillés de Vingré. Le procès sommaire et l’exécution de ces six soldats survinrent quelques jours seulement avant la condamnation de Léonard Leymarie.
  
Fin 1914 début 1915 sur le front de l’Aisne chaque mois voit son lot de condamnations à mort, comme le rappelle le chercheur Denis Rolland :

10 octobre, deux condamnés au 238e RI
15 novembre, un condamné au 42e RI
4 décembre, six condamnés (les six de Vingré) au 298e RI
12 décembre, un condamné au 305e RI (Leymarie)
28 janvier, un condamné au 42e RI
12 février, un condamné au 60e RI (Bersot).

A la suite de l’Aisne, le département du Doubs d’où était originaire le soldat Bersot, fusillé début 1915 à Fontenoy, a également adopté cette année un vœu sollicitant la reconnaissance des condamnés pour l’exemple. Il faut enfin rappeler la déclaration faite à Craonne (Aisne), en novembre 1998 par le Premier ministre. Lionel Jospin avait  alors exprimé le souhait que les soldats « fusillés pour l’exemple », « épuisés par des attaques condamnées à l’avance, glissant dans une boue trempée de sang, plongés dans un désespoir sans fond », qui « refusèrent d’être des sacrifiés », victimes « d’une discipline dont la rigueur n’avait d’égale que la dureté des combats, réintègrent aujourd’hui, pleinement, notre mémoire collective nationale ».

Un appel qui a fait du chemin. Dix ans après Lionel Jospin, le 11 novembre dernier, le président de la République, a déclaré : " Mais 90 ans après la fin de la guerre, je veux dire au nom de la Nation que beaucoup de ceux qui furent exécutés alors ne s’étaient pas déshonorés, n’avaient pas été des lâches, mais que simplement ils étaient allés jusqu’à l’extrême limite de leurs forces."


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